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Construire et soutenir ce qui compte sur le long terme

Il y a une vingtaine d’années, je suis tombé profondément amoureux de l’interprétation d’un morceau au violon, au point de décider que je ne voulais pas seulement l’écouter, mais aussi le jouer, pour le ressentir avec encore plus de profondeur. J’ai donc acheté un violon et commencé à prendre un cours par semaine. Je me souviens qu’au début, j’apprenais simplement à manier l’archet et à positionner les notes.


J’ai vite compris que mon morceau devrait attendre, car je devais d’abord apprendre des pièces plus simples. Assez éloignées de celle qui avait éveillé cette recherche. Aujourd’hui, je pense que cela aurait pu être abordé autrement, mais bon. De mon côté, j’en ai tout de même appris une partie.


À cette époque, je découvrais la musique classique et de nombreuses pièces de piano ont commencé à me toucher. J’ai donc décidé de commencer le piano classique. Mon professeur de l’époque m’a dit, avec humour, qu’étudier deux instruments en même temps, à mon âge, n’était pas la meilleure idée. Cela m’a semblé logique et j'ai gardé le piano. Même si, quelques mois plus tard, j’ai commencé à étudier le chant classique pendant deux ans.


Les années suivantes ont été parmi les plus mouvementées de ma vie jusqu’à aujourd’hui. J’ai quitté un travail dans lequel j’avais passé quinze ans, j’ai mis fin à une relation difficile, dont j’ai beaucoup appris… Ma mère est décédée. Il s’est aussi passé des choses magnifiques : j’ai rencontré ma femme, j’ai commencé à développer ma part créative, j’ai découvert l’Ayurveda et le développement personnel, j’ai déménagé cinq fois…


Avec tout cela, il était difficile d’étudier régulièrement (pour moi, presque tous les jours), et j’ai fini par faire une pause de près de trois ans, durant laquelle j’ai à peine travaillé.


Quand tout s’est stabilisé, j’ai ressenti une envie profonde de m’y remettre, et cette fois avec une structure solide. Le destin m’a amené à rencontrer un professeur formidable, qui m’a fait découvrir une manière de comprendre la musique et le travail que je n’avais jamais pressentie auparavant.


Ces rencontres hebdomadaires, pendant plusieurs années, font partie des expériences les plus belles et les plus généreuses que je garde dans mon cœur.


Je me suis installé en France, les cours se sont espacés, j’ai continué à travailler seul, puis est venu le moment de chercher un nouveau professeur. J’ai alors rencontré une professeure dotée d’une vocation et d’une technique extraordinaires, avec qui je continue à apprendre aujourd’hui.


Au début, je voulais jouer vite et je connaissais certaines pièces avec un son médiocre mais beaucoup de vitesse. Puis j’ai commencé à comprendre que le son venait avant la vitesse. Des que je commençais à dominer une pièce, nous passions à une autre, et il était difficile de construire un petit répertoire. Pendant quelques mois, j’ai eu environ trente minutes de pièces en mémoire et j’en profitais quand quelqu’un venait à la maison pour jouer. Bien que le son demeurait quelque peu exagéré.


Avec le temps, j’ai compris que, si je voulais vraiment progresser, je devais me projeter sur le très long terme. Et pour cela, il était essentiel de jouer le plus de pièces possible afin de développer l’agilité, le bagage et la lecture, plutôt que de répéter toujours les mêmes.


Je voyage souvent et, entre les aéroports et les gares, je trouve souvent un piano pour jouer un moment. Quand j’ai une ou deux pièces en mémoire, il m’est arrivé d’être applaudi. Et quand je travaille des morceaux en cours, les gens s’approchent, s’intéressent et, au bout de quelques fautes, s’en vont. Même si je comprends le principe, cela continue de me surprendre.


Au début, mon ego en prenait un coup, mais mon objectif à long terme avait plus de valeur. Je ne voulais pas perdre de temps à mémoriser des pièces complètes pour les montrer. Je voulais continuer à travailler le plus de pièces possible pour apprendre davantage, et c’est toujours ma vision aujourd’hui.


À ce stade, l’histoire pourrait se conclure par une fin épique. Elle existe, mais pas celle que l’on attend. Près de vingt ans plus tard, je suis toujours amoureux du piano et de son étude, je m’y consacre presque tous les jours, et l’idée de donner un concert ou d’enregistrer un disque m’enthousiasme… dans dix ou quinze ans, peut-être ? Il n’y a pas d’urgence.


De temps en temps, certaines personnes pensent qu’après autant d’années d’étude du piano, je devrais déjà être quelque part ou avoir atteint je ne sais quoi. Cela m’étonne parfois moi aussi, mais c’est la réalité. Et cela m’aide à ramener sur terre beaucoup de fantasmes dans d’autres domaines.


Certaines choses demandent du temps, beaucoup de temps. Et nous ne serons prêts à le consacrer que si nous sommes honnêtes avec notre vérité intérieure et bienveillants envers nous-mêmes tout au long du processus.


Il m’a fallu des années pour parvenir à cette posture, dans laquelle je me sens en paix avec le rythme et le tempo, où je célèbre chaque avancée, et où je continue à privilégier le long terme plutôt que l’apparence du succès immédiat ou le regard des autres.


À la fin, j’ai inclus une courte vidéo de ce que je travaille en ce moment, comme faisant partie du processus.


Par Daniel Marin

7 avril 2026


Transitions professionnelles sans se perdre soi-même

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Méditation: le soleil continue de briller, même lorsqu’il n’est pas visible.

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Prendre soin de sa journée avant qu’elle ne commence

L’autre jour, ma fille me racontait une situation qui la préoccupait à l’école. Après l’avoir regardée ensemble, je lui ai dit que, quoi qu’il se passe dans la journée, nous avons beaucoup de marge pour l’influencer. Ensuite, elle m’a demandé : comment on fait pour passer une bonne journée ? Je lui ai répondu quelque chose comme ça : Chaque matin, en te levant, la vie te donne une journée nouvelle, l’occasion d’en faire ce que tu veux.
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